Demandez un devis pour le même MVP à cinq prestataires. Vous recevrez des chiffres de 5 000 € à plus de 100 000 €, et des délais de trois semaines à six mois. Derrière ce grand écart, il y a en réalité trois modèles économiques distincts qui répondent à la même recherche Google, avec des structures de coûts qui n'ont rien à voir entre elles. Je dirige un studio qui vit de la création de MVP, donc j'ai un intérêt dans cette comparaison ; je préfère l'écrire noir sur blanc. Voici la grille que j'utiliserais à votre place.
Une agence de création de MVP, ça fait quoi de plus qu'une agence web ?
Une agence de création de MVP conçoit et développe la première version utilisable de votre produit : un périmètre volontairement réduit, mis devant vos premiers utilisateurs en quelques semaines, pour vérifier que quelqu'un veut de votre idée avant d'y engloutir votre budget. On est dans le métier du produit, bien plus que dans celui de la communication.
L'agence web classique livre un objet fini, site vitrine ou boutique en ligne, qu'on juge sur le rendu. Un MVP se juge sur ce qu'il vous apprend. Il embarque des comptes utilisateurs, une base de données, de la logique métier, et il devra évoluer dès le lancement parce que le marché répond rarement ce qu'on avait prévu.
La compétence décisive tient moins à la technique qu'à l'arbitrage. Une agence web exécute votre cahier des charges. Une agence MVP doit oser couper dedans, vous dire quelle fonctionnalité attendra la V2, et pourquoi. Construire trop, trop tôt, sans confrontation au marché, coûte plus cher que n'importe quel devis. J'ai creusé ce mécanisme dans pourquoi les startups échouent, et ce qu'un MVP y change.
Grosse agence, freelances, studio : les trois modèles et leurs compromis
La grosse agence : du confort, et un effet tunnel
Fourchette haute du marché : de 30 000 à 100 000 € et plus pour une application, selon l'analyse d'Horizon Factory sur les coûts de développement (2025). Vous achetez une équipe complète, un processus rodé, et aussi un chef de projet placé entre vous et ceux qui produisent : chaque aller-retour passe par lui. Le rythme classique reste le tunnel, avec des ateliers, des spécifications validées, puis un long silence, puis une livraison des mois plus tard. Ce cadre se défend pour le logiciel interne d'un grand groupe. Sur un MVP, dont toute la valeur est d'apprendre vite, il joue contre vous.
Les plateformes de freelances : moins cher, mais le pilotage vous revient
Les TJM des développeurs indépendants vont de 350-450 € par jour pour un junior à 850-950 € pour un expert (baromètres Morgan Philips et Silkhom 2025, relayés par le Blog du Modérateur). Un MVP de 20 jours à 500 € par jour, ça fait 10 000 €. Sur le papier, imbattable.
Le coût caché est ailleurs. C'est vous qui triez les profils, écrivez la spécification, tranchez les questions techniques, testez chaque livraison et absorbez le risque si l'indépendant disparaît en cours de route. Si vous savez faire tout ça, l'option est sérieuse. Un fondateur non technique, lui, se retrouve chef de projet d'un métier qu'il ne connaît pas. Le Baromètre France Num 2025 donne une idée de l'ampleur du problème : 37 % des entreprises ont du mal à identifier le bon prestataire numérique, en hausse de 15 points en un an. Le tri, c'est le travail.
Le studio produit à taille humaine : un interlocuteur qui conçoit et qui code
C'est mon modèle, je ne vais pas faire semblant du contraire. Un studio produit, c'est une structure d'une à trois personnes où celui qui cadre votre besoin est aussi celui qui écrit le code. Zéro couche de traduction : la personne qui comprend votre besoin métier est aussi celle qui l'implémente, et les décisions se prennent dans la journée, pas après trois réunions et deux comptes rendus.
Le modèle a ses limites, et je tiens à les poser moi-même plutôt que de vous laisser les découvrir. Un studio ne mène pas trois MVP de front, sa disponibilité se réserve. Sa petite taille impose aussi une exigence : le code doit vous être livré, documenté, déployable sans lui. C'est votre assurance, et vous devriez l'exiger de n'importe quel prestataire, gros ou petit.
Les 7 questions à poser avant de signer
- Qui écrit le code ? La personne en face de vous, ou un sous-traitant que vous ne rencontrerez jamais ? La réponse conditionne votre quotidien pendant tout le projet.
- La cession de propriété figure-t-elle au contrat ? En droit français, payer la prestation ne vous transfère aucun droit d'auteur : il faut une cession écrite au formalisme de l'article L131-3 du Code de la propriété intellectuelle (chaque droit énuméré, avec étendue, destination, lieu et durée).
- Y a-t-il une démo chaque semaine ? Un point d'avancement en visio ne compte pas. Vous voulez cliquer dans le produit.
- Prix fixe ou régie ? Un forfait signé avant le premier jour de développement vous protège. Une facturation au temps passé transfère le risque de dérive sur vous.
- Qu'est-ce qui est exclu du périmètre ? Un devis sérieux liste aussi ce qui n'y est pas. C'est là que naissent les avenants.
- Que se passe-t-il après la livraison ? Qui héberge, qui corrige, à quel tarif ? Posez la question avant de signer, pas au moment du premier bug.
- Puis-je partir avec le code demain matin ? Dépôt Git à votre nom, accès aux serveurs, documentation d'installation. Si la réponse est floue, le lock-in est déjà en place.
Les red flags qui doivent vous faire renoncer
Le devis envoyé en 24 h sans cadrage. Personne ne peut chiffrer un produit sans avoir compris le métier derrière. Un chiffre sorti si vite sera renégocié plus tard, à votre détriment.
L'absence de clause de cession. Sans écrit conforme à l'article L131-3, le code reste la propriété du prestataire, même payé intégralement. Beaucoup de fondateurs le découvrent en voulant changer de prestataire, trop tard.
La régie open-bar sur un MVP. Facturer au temps passé un produit dont l'intérêt est d'être borné, c'est une incitation structurelle à faire durer. La régie peut se défendre plus tard, quand le produit vit. Sur un MVP, exigez un forfait.
La promesse d'un « MVP » en six mois. Au-delà de deux mois, vous financez une V1 déguisée qui n'aura rencontré aucun utilisateur avant d'être terminée.
La démo finale unique. Si vous découvrez le produit à la livraison, tous les malentendus accumulés sortent le même jour.
Ce que ça coûte en 2026, et où je me situe
Sur devis réels analysés, un MVP en France se facture entre 5 000 et 20 000 € pour 2 à 8 semaines (EID Lab, analyse de 10 devis réels, 2026). En dessous de cette fourchette, regardez de près ce que couvre le périmètre. Au-dessus, une partie du prix paie la structure plutôt que le produit. J'ai détaillé les fourchettes poste par poste dans combien coûte un MVP.
Chez Thillion, un MVP démarre à 6 000 €, en prix fixe signé avant le premier jour de développement. Démo chaque semaine, code livré et cédé par écrit dans les formes, livraison en 2 à 4 semaines sur un périmètre serré. Je travaille à distance avec des clients partout en France. Le détail de l'offre est sur la page création de MVP.
Questions fréquentes
Agence, freelance ou studio pour créer un MVP ?
Choisissez selon qui porte le pilotage. Une grosse agence l'assume à votre place mais facture de 30 000 à 100 000 € et plus, avec un effet tunnel. Un indépendant coûte moins cher, mais le cadrage, les tests et le risque reposent sur vous. Un studio produit offre un interlocuteur unique qui conçoit et code, à prix intermédiaire. Pour un fondateur non technique et pressé, c'est souvent le bon compromis.
Combien coûte une agence de création de MVP ?
Les devis réels français vont de 5 000 à 20 000 € pour 2 à 8 semaines (EID Lab, 2026). Les grosses agences chiffrent plutôt de 30 000 à 100 000 € et plus (Horizon Factory, 2025). Chez Thillion, un MVP démarre à 6 000 €, en prix fixe contractuel : le montant signé est le montant payé.
Combien de temps pour livrer un MVP ?
Le marché constate 2 à 8 semaines sur devis réels. Chez Thillion, un MVP au périmètre serré se livre en 2 à 4 semaines, avec une démo chaque semaine. Au-delà de deux mois annoncés, questionnez le périmètre : on vous vend sans doute une V1 complète déguisée en MVP.
Qui possède le code de mon MVP ?
Celui que le contrat désigne. En droit français, le paiement ne transfère aucun droit d'auteur : sans cession écrite conforme à l'article L131-3 du Code de la propriété intellectuelle, le code reste au prestataire. Exigez la clause de cession avant de signer, plus la livraison du dépôt Git à votre nom.
Vous comparez des prestataires ? Décrivez votre projet, je vous réponds sous 48 h avec un avis franc, même si mon studio n'est pas le bon choix. Ou réservez un appel de 30 min pour en parler direct. Le reste est sur la page création de MVP.